La journée internationale de la jeune fille est célébrée chaque année le 11 octobre. Elle vise à promouvoir les droits, l’éducation, la santé et le bien-être des filles dans le monde entier. En République démocratique du Congo (RDC), cette journée revêt une importance particulière, car les jeunes filles font face à de nombreux défis et violences liés aux conflits armés, à la pauvreté, aux discriminations et au harcèlement.
A l’occasion de cette journée, une manifestation de sensibilisation sur les violences basées sur le genre (VGB) a eu lieu dans le camp de déplacés de Bulengo, situé à l’ouest de Goma, dans la province du Nord-Kivu. Ce camp accueille environ plusieurs ménages qui ont fui les affrontements entre les rebelles du M23 et les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Et à part ce camp, une autre sensibilisation a été fait dans une école de l’État vers le quartier KYESHERO nommée INSTITUT MABANGA 2
Cette manifestation a été organisée par l’organisation VIFEDE (Vision des Femmes pour le Développement Endogène), en partenariat avec les agences internationales ACTIONAID et UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population). Elle avait pour objectif de sensibiliser les jeunes filles et les femmes du camp et des écoles aux risques et aux conséquences des VBG, ainsi qu’aux moyens de prévention et de prise en charge.
1. Camp de BULENGO
Face à ces réalités et pour commémorer la journée internationale de la jeune fille dans le camp, une représentation théâtrale par la troupe BADILIKA/GVA (Groupe des volontaires pour l’action), qui a mis en scène plusieurs scénarios de VBG vécus par les jeunes filles du camp, tels que le harcèlement sexuel de la part des chefs de bloc pour obtenir de l’assistance humanitaire, ou la violence sexuelle lors des sorties dans la brousse pour chercher du bois de chauffage. Ces scènes ont suscité l’émotion et la réaction du public, qui a pu exprimer ses opinions, ses questions et ses témoignages.
L’événement a également permis d’informer les jeunes filles et les femmes du camp sur l’existence d’un espace sûr nommé ESPACE SUR TUUNGANE où elles peuvent se confier, se conseiller et s’orienter en cas de VBG. Cet espace est géré par ACTIONAID et UNFPA, et dispose d’une personne chargée des cas de VBG, ainsi que de médecins spécialisés qui offrent des soins gratuits aux victimes. Cet espace propose aussi des activités telles que la psychothérapie familiale, la formation en coupe et couture et d’autres loisirs. La manifestation a aussi rappelé les droits fondamentaux des femmes et des filles, tels que le droit à la dignité, à l’égalité, à la sécurité, à la santé et à l’éducation.
2. Ecole
Toujours dans la meme journée, une autre manifestation de sensibilisation sur le harcèlement sexuel en milieu scolaire a eu lieu dans l’institut MABANGA 2, situé dans le quartier KYESHERO, à Goma. Cet institut accueille environ 500 élèves, dont 250 filles, qui suivent des cours de niveau secondaire. Ce moment partagé avait pour objectif de sensibiliser les filles écolières aux risques et aux conséquences du harcèlement sexuel de la part de leurs professeurs, ainsi qu’aux moyens de dénoncer et de se protéger.
Elle a consisté en une représentation théâtrale toujours par la troupe BADILIKA/GVA (Groupe des volontaires pour l’action), qui a mis en scène un cas de harcèlement sexuel d’une écolière par son professeur, qui lui demandait des faveurs sexuelles en échange de sa réussite scolaire. La scène a montré comment la fille a été poursuivie par son professeurs sans aucune aide possible jusqu’à ce qu’elle a fini par tomber enceinte du professeur, comment sa mère l’a découverte et comment elle l’a amenée dans un centre d’ACTIONAID et l’UNFPA, où elle a reçu des soins médicaux et psychologiques, ainsi qu’un soutien juridique pour poursuivre le professeur. Cette scène a suscité l’émotion et la réaction des écolières, qui ont pu exprimer leurs opinions, leurs questions et leurs témoignages.
Le but de cette scène a permis d’informer les filles écolières sur leurs droits et leurs devoirs face au harcèlement sexuel. Elle leur a rappelé qu’elles ont le droit de refuser toute proposition indécente, qu’elles peuvent signaler tout acte de harcèlement à une personne de confiance ou au numéro en charge de toute question liée à l’abus et l’exploitation sexuelle 49 55 55 ou soit à une autorité compétente, qu’elles peuvent bénéficier d’une assistance gratuite et confidentielle en cas de besoin. Elle leur a aussi conseillé de se concentrer sur leurs études, qui sont essentielles pour leur avenir.
En bref
Cette journée a été aussi l’occasion de célébrer leurs résiliences, leurs talents et leurs aspirations. Des initiatives ont été menées par ses organisations pour soutenir les jeunes filles déplacées et leur offrir une protection, une assurance et une éducation. Des campagnes et des théatres qui expliquent les réalités qui sont vécu dans les camps des déplacés et dans écoles pour les jeunes filles ont fait l’objet de cette journée dans l’objectif des dénoncer les injustice faite à la ces dernières et promouvoir l’égalité des genres, le respect des droits humains et la lutte contre le harcèlement sexuel. Des témoignages ont été recueillis pour donner la parole aux jeunes filles du camp Bulengo (Lac vert) et d’une école de l’État vers KYESHERO nommée INSTITUT MABANGA 2 pour valoriser leurs expériences, leurs opinions et leurs projets. La manifestation s’est terminée par une danse traditionnelle, qui a exprimé la joie et la solidarité des participantes. Des photos ont été prises pour immortaliser ce moment de partage et de sensibilisation. La journée internationale de la femme a ainsi été l’occasion de valoriser les jeunes filles et femmes du camp de Bulengo ainsi que les écolières, qui font preuve de courage et de résilience face aux difficultés qu’elles rencontrent au quotidien.
Pour rappel, la journée internationale de la jeune fille pour la date du 11 octobre 2023 a été un moment important pour reconnaître le rôle essentiel des jeunes filles dans le développement et la paix au Nord-Kivu. C’est aussi un appel à l’action pour renforcer leur autonomisation, leur participation et leur leadership. Les jeunes filles sont l’avenir du pays. Elles méritent d’être protégées, éduquées et respectées. Elles ont le droit de vivre pleinement leur potentiel et de réaliser leurs rêves.


